Pendant que les 10 représentent africains honorent l’Afrique au mondial, à la 23e édition de la Coupe du Monde, la Guinée, elle, vit dans l’illusion depuis des années maintenant. Les résultats parlent d’eux-mêmes : Sur 10 pays qualifiés au mondial américain, neuf ont validé leur qualification pour les 16ème de finale. Parmi eux, figure le Cap-Vert, un pays de seulement 500 000 habitants. La petite île prouve aux yeux du monde que le football c’est la vision, la compétence, l’organisation et un travail sérieux, de longue haleine qui font la différence.

En Guinée, le constat est tout autre. Depuis plusieurs années, les mêmes problèmes demeurent: absence d’infrastructures sportives modernes, championnat peu attractif, formation insuffisante, gouvernance fragilisée par des conflits internes, manque de stratégie… Pourtant, chaque contre-performance est suivie des mêmes promesses, sans véritables réformes.
Le Syli National est aujourd’hui le reflet de ces insuffisances. Une sélection privée de son public, contrainte de recevoir ses adversaires à l’extérieur depuis plus de 3 ans. Les dirigeants du football se livrent à des batailles autour de la subvention de la FIFA et de la CAF. Au lieu de s’unir autour d’un projet ambitieux du développement de notre football, comme au Sénégal, en Côte d’Ivoire… les conflits d’intérêt ont fini par prendre le dessus sur tout à la Fédération Guinéenne de Football.
Ce qu’on a tendance à ignorer en Guinée, c’est lque e Sénégal, le Maroc, la Côte d’Ivoire ou encore le Cap-Vert n’ont pas atteint ce niveau de compétition par pur hasard. C’est le fruit d’un succès laborieux, d’un investissement conséquent dans la formation des dirigeants sportifs, d’une meilleure gouvernance et d’une planification rigoureuse.
La Guinée ne pourra pas rivaliser avec les meilleures nations africaines tant qu’elle continuera à fouler au sol ces fondamentaux. Le véritable défi n’est pas de rêver d’une qualification, mais de créer les conditions qui la rendront possible.
À quand une véritable révolution du football guinéen ? À quand de l’émergence d’honnête dirigeants plus préoccupés par le développement du football que par l’argent, les crises internes répétitives et les avantages égoïstes ? Tant que ces questions resteront sans réponse, le Syli National continuera à trainer en regardant les autres avancer.
Mohamed Milla Camara
