Guinée: Vers une assemblée nationale sans l’opposition

sipa_ap21462701_000001-592x296-1571303206Est-on entrain d’assister au retour du parti unique? En tous les cas, l’opposition guinéenne ne participera pas aux législatives de février 2020. Ce qui va accoucher d’une assemblée nationale monocolore et inodore. Cela n’était pas arrivé depuis 1990, qui a marqué la naissance du multipartisme et de la démocratie en Guinée. 

C’est désormais officiel : les principaux partis de l’opposition guinéenne ne participeront pas au scrutin du 16 février prochain. À un peu plus d’un mois des législatives, le dialogue de sourds entre les acteurs politiques se confirme.

Pour la première fois depuis l’élection d’Alpha Condé à son premier mandat à la présidence, en novembre 2010, un scrutin va se dérouler sans les principaux partis de l’opposition. L’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo et l’Union des forces républicaines (UFR) de Sidya Touré, n’ont en effet pas déposé leurs candidatures auprès de la Commission électorale indépendante (Ceni), le 27 décembre dernier.

Et pourtant, ces deux partis comptent le plus de députés – issus de l’opposition – sur les bancs de l’actuelle Assemblée nationale (37 pour l’UFDG et 10 pour l’UFR, sur un total de 114 députés ). « Nous ne pouvons pas participer à ce scrutin pour lequel le fichier électoral est taillé sur mesure pour l’exécutif », argue Aliou Condé, secrétaire général de l’UFDG.

Les directions des deux partis d’opposition reprochent au président de la Ceni de vouloir à tout prix organiser les élections au 16 février, un délai qu’ils jugent trop court. « Le processus d’enrôlement a été ponctué d’anomalies. Certains kits de recensement sont tombés en panne, et des enrôlements de mineurs ont été constatés. Il aurait fallu arrêter le processus, réparer les anomalies et fixer un autre délai », estime Boubacar Barry , vice-président de l’UFR.

Mobilisation des parti(cules)

Si les deux poids lourds de l’opposition boycottent le scrutin du 16 février, sur les 32 listes déposées, la Ceni en a retenu 29 au total, dont 14 portant sur les candidatures pour les listes uninominales à l’échelle des préfectures et communes.

Fatoumata Diallo

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