Close Menu
Guinee7sur7
  • Accueil
  • Politique
  • International
  • Économie
  • Santé
  • Sport
  • Société
  • Tribune
  • Éditorial
  • Chronique
  • Culture
  • Sciences
  • Divers
Facebook X (Twitter) Instagram
Facebook X (Twitter) Instagram
Guinee7sur7
  • Accueil
  • Politique
  • International
  • Économie
  • Santé
  • Sport
  • Société
  • Tribune
  • Éditorial
  • Chronique
  • Culture
  • Sciences
  • Divers
Guinee7sur7
Accueil » politique » Chronique. L’Afrique face à la guerre (par Tierno Monénembo)
à la Une

Chronique. L’Afrique face à la guerre (par Tierno Monénembo)

AlaminaBy Alamina2 juillet 2022
Facebook Twitter WhatsApp
Share
Facebook WhatsApp

Une balle éclate en Ukraine et c’est la famine au Sahel. L’effet « mondialisation » fait penser à « l’effet papillon » cher à Edward Lorenz, l’un des maîtres à penser de la fameuse théorie du chaos : « Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? » Pour extraordinaire que cela paraisse, ce scénario catastrophe est plausible sur le plan météorologique aussi bien que sur le plan alimentaire. Une feuille morte tombe en Australie et c’est l’avalanche au Groenland ! Un grain de blé se perd à Kiev, et c’est la pénurie de semoule à Bamako ! Il n’y a pas de petite querelle, disait Hampâthé Bâ, il n’y a pas de petite cause non plus. C’est un simple soupir de bébé qui déclenchera le big-bang final, si ça trouve. La vie est un tout. C’est pour avoir oublié cela que nous avons bâti ce monde absurde de frontières factices et de nations belliqueuses.

Mais bon, ce n’est pas en 2 022 que nous allons corriger les erreurs commises au Néolithique. Le nationalisme est devenu notre dogme et la guerre, notre mode vie. Partout, même sur les atolls du Pacifique, la géopolitique a pris le pas sur la morale et la religion. Rangez votre bible, parlez-moi d’intérêt et de stratégie ! Point de regret ! Si l’habitude est une seconde nature, l’erreur, elle est une seconde erreur. Faisons comme De Gaulle, prenons le monde « tel qu’il est » et tant-pis, si plus personne ne peut limiter les dégâts. Et le monde tel qu’il est, c’est d’abord et avant tout, la guerre d’Ukraine ou plutôt la guerre du blé.

La Russie et l’Ukraine exportent à eux seuls 30% du blé mondial. C’est dire que le conflit entre ces deux nations slaves, entraînera inévitablement une crise alimentaire de grande importance (l’ONU parle déjà d’un ouragan de famines »). Et bien que fort éloignée de la zone de turbulence, l’Afrique en sera la première victime. Et pour cause, c’est elle qui dépend le plus des céréaliers de Moscou et de Kiev : en moyenne, 40% de sa consommation, 65% pour le Sénégal, 68% pour la RD du Congo, 75 % pour le Bénin et le Soudan, 85% pour l’Egypte, 100 % pour la Somalie.

Pourquoi croyez-vous que Macky Sall (président en exercice de l’Union Africaine) et Moussa Faki Mahamat (Secrétaire Exécutif de ladite organisation) ont rencontré Poutine à Sotchi le 3 Juin dernier ? Bien sûr, pour prôner la paix et l’amitié entre les peuples comme le veut la liturgie diplomatique mais aussi et surtout pour exhorter le nouveau tsar de toutes les Russies à débloquer les 20 000 000 de tonnes de céréales que la guerre a bloquées dans les ports de Kharkiv et d’Odessa.

Dans l’imagerie universelle, quoi de plus normal que l’Afrique quémande à manger ! Et pourtant, ce continent, à lui seul, pourrait nourrir l’humanité. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les spécialistes de la FAO. Elle disposerait de 50 à 60% des terres arables disponibles dans le monde. Là, comme dans les autres secteurs d’activité, ce ne sont pas les moyens qui manquent, c’est la volonté politique, c’est l’imagination au pouvoir. Nos dirigeants n’ont pas encore compris que la dépendance alimentaire est la pierre angulaire de la dépendance politique. Nous resterons assujettis et sous-développés tant que nous cracherons sur le manioc et l’igname, le niébé et la banane- plantain pour nous empiffrer de ce blé qui ne pousse même pas sur nos terres.

Malgré les projets faramineux et les discours grandiloquents, aucun de nos Etats n’a réussi à briser cette intolérable absurdité née de la domination européenne : l’Afrique est le seul continent qui produit ce qu’il ne consomme pas et qui consomme ce qu’il ne produit pas. Au fond, la colonisation n’est pas dans le canon, elle est dans l’assiette.

Tierno Monénembo, in Le Point

Alamina
  • Website

Related Posts

MUHAT : Mohamed Lamine Sy Savané intensifie les échanges avec des investisseurs internationaux pour la modernisation urbaine

30 avril 2026

Urbanisme et habitat : le MUHAT échange avec le SD Group du Nigéria sur des partenariats structurants

29 avril 2026

L’AMBASSADE DES ÉTATS-UNIS EN GUINÉE AU CŒUR DE LA PROMOTION DE LA LECTURE DES JEUNES AU SALEC 2026

29 avril 2026
Leave A Reply Cancel Reply

Délai dépassé. Veuillez compléter le captcha une fois de plus.

Facebook X (Twitter) Instagram Pinterest
© Guinee7sur7, tous droits réservés

Type above and press Enter to search. Press Esc to cancel.