Après les récentes inondations qui ont frappé le quartier Bananköröda à Kankan, les regards se tournent vers la société Guiter SA, chargée des travaux dans la région. Les habitants, déjà exaspérés par des travaux mal exécutés, pointent du doigt l’entreprise pour ses supposées négligences.
En effet, depuis plusieurs mois, les résidents de Bananköröda expriment leur mécontentement face aux travaux de Guiter SA, dénonçant un manque de sérieux dans leur exécution. Les eaux de pluie récentes ont amplifié leurs craintes, ensevelissant même des habitations sous les flots.
Face aux accusations, les responsables de Guiter SA se sont défendus (non devant des experts mais devant des journalistes), affirmant que les travaux séraient réalisés selon les normes établies par le cahier des charges. Moussa Camara, responsable des affaires extérieures de l’entreprise, a souligné que les critères de la CEDEAO en matière de voiries urbaines étaient scrupuleusement suivis. Un pince-sans-rire !

Pour tout dire, les résidents persistent dans leurs critiques, arguant que les travaux n’ont pas tenu compte des réalités locales, laissant ainsi place à des inondations catastrophiques. Moussa Camara rejette cette responsabilité, insistant sur le respect des normes et se moquant des habitants et du pouvoir public.
Concernant l’avancement des travaux, Guiter SA assure être dans les délais contractuels, promettant un achèvement imminent des chantiers en cours (alors que le contrat routier Kankan-Mandiana date déjà d’une décennie, toujours loin des 50% d’exécution).
Malgré les explications fournies par Guiter SA, les habitants de Bananköröda restent sceptiques quant à la qualité et à la sécurité des travaux entrepris dans leur quartier. La question demeure : qui assumera les conséquences de ces projets mal planifiés et exécutés ? En tous les cas, avec la saison des pluies qui s’annonce, toute la région semble exposée à des risques majeurs d’inondation.
Le manque de contrôle de travaux routiers dans le Nabaya
Au cœur de la controverse qui entoure les inondations récentes à Bananköröda à Kankan, se trouve un élément troublant : le contrôle des travaux par Guiter SA. En effet, la société a établi son propre laboratoire pour superviser les projets en cours, évinçant ainsi la direction régionale des travaux publics, seul représentant de l’État dans cette affaire.
Cette situation soulève des questions sur la transparence et l’impartialité du processus de contrôle des travaux. L’exclusion de l’autorité régionale légitime et la prédominance du contrôle exercé par Guiter SA et ses complices dans l’administration laissent planer un doute sur l’intégrité des opérations.
Les habitants de Bananköröda, déjà méfiants à l’égard de Guiter SA, -s’étant manifestés maintes fois contre elle- voient dans cette manœuvre une confirmation de leurs craintes concernant l’opacité et la partialité entourant les travaux entrepris dans leur quartier. La société et ses complices administratifs peuvent-ils réellement garantir la qualité et la sécurité des infrastructures lorsque leur mainmise sur le processus de contrôle est si manifeste ?
Face à cette situation, il devient impératif que les autorités compétentes enquêtent sur les pratiques de Guiter SA et veillent à ce que les intérêts des citoyens soient protégés. La transparence et la responsabilité doivent être les maîtres-mots dans la gestion des travaux publics, particulièrement dans des situations où les populations locales sont directement concernées.
Par Sambégou Diallo
