Conakry, 30 octobre 2026 – Face aux défis de l’emploi des jeunes et aux risques liés aux parcours migratoires irréguliers, l’Union européenne entend promouvoir des alternatives concrètes à travers l’éducation, la formation et la mobilité académique. À Conakry, l’ambassadeur de l’Union européenne en Guinée, Xavier Sticker, a invité les étudiants guinéens à s’intéresser davantage au programme Erasmus+, présenté comme une véritable passerelle vers des perspectives académiques et professionnelles à l’international.

C’est à l’occasion d’une rencontre organisée ce jeudi 29 octobre par l’African Student and Alumni Forum (ASAF), partenaire de l’Union européenne, autour du thème : « Erasmus+, une alternative aux parcours migratoires dangereux et une ouverture vers des perspectives académiques et professionnelles », que le diplomate européen a réaffirmé l’engagement de l’Europe en faveur de la jeunesse guinéenne.
Entouré d’étudiants et en présence de représentants des autorités guinéennes, de la Team Europe, notamment Enabel, Expertise France et l’ambassade de France, ainsi que de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Xavier Sticker a rappelé que l’Union européenne accompagne plusieurs initiatives destinées à renforcer les compétences locales et à favoriser l’insertion socio-économique des jeunes.

Au cœur de cette démarche figure Erasmus+, un programme phare de l’Union européenne qui soutient l’éducation, la formation, la jeunesse et la coopération internationale. Il offre notamment aux étudiants des possibilités de mobilité, d’échanges universitaires et de collaboration entre établissements d’enseignement supérieur.
Mais au-delà des opportunités qu’il représente, le diplomate européen a surtout insisté sur la nécessité pour les étudiants guinéens de mieux s’approprier ce dispositif. Depuis 2014, la Guinée compte 136 anciens bénéficiaires du programme, appelés alumni Erasmus+. Un chiffre qui, selon lui, reste encore modeste au regard du potentiel de la jeunesse guinéenne et des résultats enregistrés dans d’autres pays de la sous-région.
« Depuis 2014 jusqu’à nos jours, la Guinée compte 136 alumni Erasmus+. C’est beaucoup et c’est peu, au regard des autres pays de la sous-région. D’où nos encouragements à ce que les étudiants de Guinée, qui rêvent de partir, participent au programme », a déclaré Xavier Sticker.

L’ambassadeur a également établi un lien entre la mobilité académique et les défis migratoires auxquels la jeunesse africaine est confrontée. Pour lui, les départs par des voies irrégulières, souvent périlleuses, ne constituent pas une réponse durable aux aspirations des jeunes. Les possibilités offertes par Erasmus+ permettent plutôt d’envisager un départ encadré, fondé sur la formation, l’acquisition de compétences et la construction d’un projet professionnel.
Dans son intervention, il a par ailleurs évoqué les perspectives économiques de la Guinée, dont les prévisions de croissance dépasseraient les 10 %. Un contexte qui, selon lui, pourrait offrir de nouvelles opportunités à une jeunesse appelée à jouer un rôle déterminant dans la transformation économique du pays.
« Cela n’empêche pas de voir loin, ailleurs, pour mieux se former, et pour revenir construire ici », a-t-il souligné.

Cette déclaration met en évidence un enjeu essentiel : faire de la mobilité internationale un instrument de développement des compétences et non un simple projet de départ. La formation à l’étranger peut ainsi constituer un investissement pour la Guinée, à condition que les compétences acquises puissent être valorisées au service du développement national.
La campagne de sensibilisation initiée par l’ASAF et l’Union européenne se poursuivra les vendredi 30 et samedi 31 octobre 2026 auprès des étudiants de l’Institut supérieur des sciences de l’éducation de Guinée (ISSEG) et de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia-Conakry.
À travers cette initiative, l’Union européenne et ses partenaires entendent rapprocher les dispositifs de mobilité des étudiants guinéens et leur permettre de mieux connaître les conditions d’accès aux programmes de coopération académique.

Pour la jeunesse guinéenne, le message est clair : se former, saisir les opportunités internationales et revenir contribuer à la construction d’une Guinée disposant de ressources humaines qualifiées. Car la mobilité étudiante ne doit pas seulement être une possibilité de partir, mais aussi une chance de mieux préparer l’avenir de son pays.

Ibrahima NDIAYE
Journaliste d’investigation – Analyste Mines – Environnement – Énergie – Économie et Relations communautaires
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